Bouzigues: Exposition d’art contemporain Terranera

Bouzigues: Exposition d’art contemporain Terranera

19/06/2022 Non Par Sète pour tous

Aurélie Buridans présente des œuvres dérivées de sa pratique du collage, installations inspirées de ses rencontres avec les hommes et les femmes de l’étang de Thau. Leurs savoirs-faire, leurs particularités, leur poésie au quotidien, leurs façons de tisser les motifs paysagers l’ont fait s’interroger sur les liens complexes qu’humains et nature entretiennent.

TERRANERA, COLLAGE DE MOTS

Coller, lier, appondre, joindre.
Les gens, les matières, les motifs paysagers.
Ce territoire de l’étang de Thau unie les hommes à la nature qu’ils habitent.
Le nom de l’exposition Terranera est un collage en lui-même :

  • Terranée. on appelle l’étang de Thau la petite mer, je garde un petit
    morceau, celui minéral du mot méditerranée.
  • Nera. pour la couleur noire omniprésente dans le motif paysager, les filets,
    les cordes, les bacs, du matériel conchylicole.
    Terranera mets en lumière ce territoire de force, de contraste et d’élégance.

AURÉLIE BURIDANS

Artiste inspirée par la nature.
Si mon travail est très poétique, il est aussi profondément ancré dans le réel, le quotidien et son temps. Il traite des paradoxes que nous vivons en tant qu’humains dans notre relation actuelle à la nature.
J’interroge notre perception de l’éphémère, du souvenir, du manque, de l’absence, de la trace.
Je crée des œuvres polymorphes, toutes dérivées du collage.
Assemblages photographiques, installations, vidéos poétiques, tous les médiums me permettent de développer ma démarche.
Préoccupée par les problèmes environnementaux, je m’inscris dans le courant artistique qui prône un art durable et une utilisation de matériaux et techniques les plus vertueuses et respectueuses de la nature possible.
Née à Montpellier, après avoir produit et travaillé à Paris pendant 20 ans, je crée désormais à Montpellier.
Mon atelier se trouve dans les Ateliers Tropisme, oasis artistique dans lequel collaborent 60 artistes de la région Occitanie.


Dans le cadre de cette exposition je présente des œuvres directement inspirées de mes
rencontres avec les hommes et les femmes qui vivent autour de l’étang de Thau.
J’ai été particulièrement inspirée par leurs savoir-faire, les « petits métiers » mis à l’honneur
par le musée ethnographique qui m’accueille. Leurs particularités, leur poésie au quotidien,
le rapport direct aux éléments.
Ces hommes tissent les motifs paysagers et nous interrogent sur les liens complexes
qu’humain et nature entretiennent.
Pendant les 9 mois de résidence autour de l’étang, j’ai rencontré les personnalités qui font
la poésie et la force de ces lieux. Ils sont la première matière des œuvres de l’exposition.
Sans en avoir conscience, ils me livrent des morceaux de vie, des gestes, que je détourne,
assemble, colle, pour créer mes œuvres.
J’espère que vous retrouverez une trace de chacun d’eux dans l’exposition.
C’est de leur terre dont je parle.

EXPOSITION DURABLE ET ÉVOLUTIVE

Ma démarche se prolonge jusque dans la forme de
l’exposition pour qu’elle ait le moins d’impact possible
sur l’environnement :

  • Une durée longue de 6 mois
  • Privilégier l’utilisation de matériaux collectés ou
    sourcés les plus dégradables ou durables
  • Choisir de ne pas utiliser de cimaises ou de matériaux
    d’accrochage peu vertueux, mais utiliser des colles
    végétales, matériaux recyclés, collectés et sourcés
    dans des magasins de seconde main
  • Penser la scénographie de façon qu’elle soit évolutive
    fin de créer un format vivant, de permettre aux visiteurs de revenir tout au long des 5 mois de la vie de
    l’exposition et de découvrir l’évolution de certaines
    œuvres ainsi que de nouvelles.
  • Je serai présente régulièrement dans l’exposition
    pour faire la médiation, animer un atelier parent/
    enfant, créer une proximité entre mon travail et le
    public et sensibiliser aux problématiques environnementales qui me sont chères.

PIERRES VIVANTES, Living stones
Installation, accumulation, ciment, sel, végétaux, 2022.

Par cette accumulation de lestes collectés dans les mas ostréicoles, fabriqués à partir de
moulages en ciments d’objets du quotidien, je détourne les gestes des travailleurs.
Je complète l’accumulation en ajoutant des pièces que je fabrique moi-même utilisant la
meme technique. Ces formes fossiles, totems urbains modulaires, auxquelles j’ajoute sel,
eau, terre, cartons et végétaux évoquent la légende du village englouti sous l’étang de Thau.
Nous ne parvenons pas à identifier ce qui, du ciment ou de la nature, est en train de prendre
le dessus. Les cordes noires, sortent de mèches lancent le décompte de l’imminence de la
catastrophe écologique que nous subissons. Œuvre évolutive tout au long de l’exposition.


EAUX BLANCHES, White waters
Collages numériques, 2022.

La nature crée de manière récurrente en symétrie.
À son modèle, les collages numériques à partir
de critallisations de sels forment des kaléidoscopes révélant des formes animales, végétales
ou minérales.


ÂPRES VOTIVES, Arsh votives
Installation, 2022.

Petit autel votif, dédié à la pensées
magiques, aux prières des hommes pour
que la nature soit assez forte pour se
sauver elle-même.
Nos prières, pourtant démultipliées par
le reflet des miroirs, ne s’élèvent pas
comme elles le feraient emportées vers le
ciel par la flamme des bougies. Les pierres
lourdes les en empêchent. Alors que les
appels à l’action se multiplient pour que
nous évitions la catastrophe écologique
imminente. Notre inaction nous révèle un
nouveau paradoxe, nous préférons nous
remettre à la pensées magique.


SECONDES PEAUX, Skin deep
Vêtements collectés, 2022

Les vêtements des travailleurs des
mas ostréicoles et des territoires
mitoyens de l’étang, collectés ou trouvés
sur le territoire, gardent les stigmates
de ciment, trous, accrocs, usure de
l’activité. Ces traces sont mises en
valeur, figées dans le temps comme
une fleur dans un herbier. Elles flottent
sur les murs du musées comme elles
le feraient sur l’onde de l’étang.


IKEBANAS YUGEN, Yugen ikebanas
Installation, 2022

Nous sommes tous liés.
Ces structures étranges se composent de collage
ensembles de matières végétales et minérales.
Ces équilibres précaires mais harmonieux illustrent l’unité des éléments et personnes
vivants sur les territoires de l’étang,
Ces ikebanas inspirés de l’art de la composition
florale japonaise donne autant d’importance à
chacun des éléments qui les composent. Homme
et nature sont au même niveau.

Musée Ethnographique de l’Étang de Thau

Merci pour le partage